Et j'ai un peu sombré. Mais...

30 Jun 2016

 

Voilà bien longtemps que je n'ai pas écrit d'article sur mon blog.

 

On dit souvent  souvent que ce n'est pas la première année après l'école la plus rude, mais la seconde.

Et bien, je le confirme ! Il est vrai que l'année dernière tout roulait plutôt pas mal, j'ai tout de même produit deux séries  - Les Confineries et Chkoun' Aïcha - j'ai beaucoup donné de moi et ça m'a un peu essoufflée. Plastiquement parlant.  Mais cette année, tout s'est un peu essoufflé. 
 

Pour faire des choses, il faut avant tout faire des dossiers, des dossiers [...] et des dossiers. Je l'avoue toujours eu une relation assez chaotique avec les choses administratives, et ça ne va pas en s'arrangeant ; aussi je ne suis pas la reine des dossiers et autres textes. Et puis, je trouve ça injuste : là où un plasticien peut présenter une oeuvre, un travail, on me demande à moi de présenter une série de photographies (d'une dizaine d'images en général). Comme si une photo, n'était pas suffisante pour être autonome, indépendante, et présentée seule. Et si moi je veux que mes photographies soient indépendantes ? ! Ça en dit long sur l'intégration miteuse de la photographie dans l'art contemporain....

 Couverture de mon portfolio ; dramatique à souhait

 

Et parfois les retours des dossiers sont positifs, mais parfois ils sont négatifs.J'ai été un peu trop sensible, je me suis laissée écraser par les refus et négations. Le doute s'installe très  facilement chez moi. Et là, c'est lui qui m'a étouffée, humainement parlant.

 

J'ai un peu joué à Pierre et au Loup, j'ai répété à outrance et à qui voulait l'entendre que "Non, c'est bon, j'arrête ! Je laisse tomber". Je suis rentrée dans un cercle vicieux, tout ce que je produisais, je le haïssait. Tout partait directement à la poubelle. Jusqu’à ce que je me rappelle de cette sensation, cachée quelque part bien au fond de mon ventre : cet appareil photo est le prolongement des mes pensées, je ne peux pas le lâcher. C'est juste plus fort que moi. Je me dois aussi d'avouer les réminiscences d'une soirée arrosée dans lesquelles je vois Jimmy me fixer et me dire "C'est ta vocation, c'est ta vocation !" Bon, ok.

 

J'ai eu besoin de me refermer sur moi comme un escargot ; de ne plus produire, de ne plus montrer.

J'ai mis de l'énergie de côté, et me revoilà avec Le petit Cabinet.

 A gauche :  un bout de dossier plutôt poilu.

 

Le petit Cabinet c'est un nouveau groupe de photographies (si tu n'as pas compris encore mon aversion pour le mot "série") plus ou moins relié à l'histoire de la Barbe - Bleue. Le petit cabinet, dans la version de Charles Perrault, c'est l'endroit où se trouvent tous les cadavres des ex-nanas de Barbe Bleue. L'endroit, de quelques mètres carrés je suppose, où se concrétisent les fins de toutes ses histoires amoureuses. Une version d'Anatole France nous offre plus de détails encore ; on apprend que ce cabinet est aussi nommé Le cabinet des princesses infortunées et "qu’un peintre de Florence avait représenté sur les murs les tragiques histoires de Dircé, fille du Soleil, attachée par les fils d’Antiope aux cornes d’un taureau ; de Niobé pleurant sur le mont Sipyle ses enfants percés de flèches divines ; de Procris appelant sur son sein le javelot de Céphalé." Et qu'en plus la salle est pavée avec des dalles de porphyre, qui donnent l'impression d'être teinte du sang de ces si malheureuses princesses.


Le petit Cabinet, c'est aussi un nom qui rappelle les fameux cabinets de curiosité, dans lesquels étaient entreposés et exposés des objets collectionnés. Remplis d'objets hétéroclites reliés à l'histoire (antiquités, animaux empaillés, coquillages, bouts de squelettes, fossiles...), d’œuvres d'art et aussi des objets plus mythologiques (sang de dragon, squelettes d'animaux mythiques...).

C'était, on peut le dire, des gros fourre - tout semi-scientifiques semi-mythologiques plutôt charmants !

 

Pour te résumer  l'histoire en quelques mots : des nanas mortes, des nanas tristes, des nanas enfermées, de l'amour raté, du sang, de la  peinture et des objets de toutes sortes. 

 

Je viens tout juste d'entamer ce travail qui consiste au final, à regrouper des portraits de jeunes filles et des photographies d'objets et de fonds. Les photographies sont comme des petits chapitres d'une histoire au final, qu'on pourra mélanger, pour à chaque fois composer une nouvelle.
Tu peux voir les photos déja réalisées ICI

Je te montre un petit peu où j'en suis, avec des moodboard et des backstages rigolos :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LADY CROUTON. - Le fameux moodboard qui me sert à mettre mes idées en place, à communiquer avec Anaïs pour les cheveux et le maquillage et à préparer psychologiquement les modèles sur ce qui va leur arriver. Ici par exemple, je me suis posée beaucoup de questions sur le maquillage des yeux, qui s'est finalement résumé avec ces deux  si beaux pâtés noirs brillants !

 

 

 


 

 

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 SANS TITRE -  Le backstage de Floriane, pour vous montrer qu'on travaille toujours avec les moyens du bord. L'image a été longue a réaliser parce que j'ai rarement fait des portraits rapprochés, j'ai donc du faire face à des soucis techniques avec lesquels je n'avais pas l'habitude de gérer. Et après avoir plongé la plupart de mes contacts facebook dans un débat sans fin sur le choix de ma photo finale, j'ai décidé d'en choisir une toute autre. Tout simplement parce qu'en ce moment je me sens séduite par les plans très rapprochés. Et que ce plissé de la collerette me laissait rêveuse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


LA JEUNE FILLE A LA LARME - C'est cette larme qui, à force de couler et re couler, travaille et abîme la peau ; comme l'érosion de l'eau sur les rochers. J'ai rêvé de cette photo une nuit, avec Jade - que je n'avais pas vue depuis des années - qui posait pour moi. C'était alors clair et net que c'était elle et personne d'autre qui allait porter cette larme. C'est une photo un peu différente de celles que j'ai l'habitude de faire, le fond est plus soft, les accessoires sont résumés à cette seule et très mignonne boucle d'oreille moule. Tout le reste de passe entre elle, sa larme et nous. Je suis très fière de cette photo. Je pense que je vais en réaliser d'autres dans ce genre, j'ai déjà des idées !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


LES NATURES MORTES -  Royaume de l'artifice est un bouquin qui fait tournebouler les idées qui se trouvent dans ma tête, et dans mes carnets. Il est vrai que j'ai ce rapport très étrange avec mes milliards d'objets (oui, je les appelle MES objets, oui), et je n'ai jamais vraiment su comment les montrer. Et puis, ils,ne peuvent pas toujours être les têtes des nanas, c'est pas drôle sinon. Je prends énormément de plaisir à confectionner et mettre en scène des natures mortes. Je peux prendre tout le temps que je veux, expérimenter plein de choses, et je ne fais pas souffrir de jeune fille. Cela me permets de tester de nouvelles matières (à droite : le coulis de tomate dans la bouteille de parfum), d'utiliser des choses dont je ne me serais jamais servie d'habitude (à droite : mon tissu tout tâché !!).

 

Je lâche un peu de lest, et j'aime ça.

 La mer - 2016

Il y a aussi des images comme celle-ci, plus picturales. Des dessins sur peinture, des petits collages sur des tableaux en points de croix ; une multitude de choses peintes, sur-peintes et re re repeintes en doré... Tout plein de petites tests qui n'attendent qu'a être photographiés.

 

Alors voilà, j'ai eu un gros trou vide, moche et sombre, mais ça va mieux.

Je recommence, avec des personnes de confiance pour me donner des coups de pieds aux fesses

Allez, bisous et à bientôt.

(Oui, c'est la meilleure conclusion d'article que j'ai pu trouver.)

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