L'urticacée

1 May 2015

L'urticacée est la sixième et dernière photo réalisée au château d'Espeyran. Elle est plus "légère" que les autres dans la série, ainsi elle fait office de respiration. Parce que j'ai décidé que cette image devait être simple et aérée,  il y a beaucoup moins d'accessoires et de décorations que sur certaines autres.

  • Quand il s'agit de mes images, je ne suis pas du tout exigeante sur le profil et le type de morphologie de mes modèles. Je ne cours pas après les 34 et les 36 ! J'adapte les tenues et accessoires en fonction de la morphologie du modèle. Seulement pour cette image dans laquelle la compo jouait beaucoup avec des longueurs et des hauteurs j'avais besoin d'une fille assez grande et plutôt mince. Tatiana, une copine mince et élancée, s'est prétée au jeu.
     

  • N'ayant pas très confiance en mes mains, j'ai fait appel à un étudiant en maquillage pour réaliser des veines en relief. Je les voulais très discrètes, qu'on ne les remarque pas du premier coup. Elles sont centrées sur le buste, comme si elles sortaient du coeur, et qu'elles n'attendaient que le temps qui passe pour se propager encore plus sur son corps. Elles sont comme des varices décoratives, comme une élement de " vieillesse " qu'on aurait appliqué sur l'insolente jeunesse de Tatiana, qui attends sur sa chaise depuis on ne sait combien de temps.
     

  • L'urticacée est beaucoup moins vêtue que les autres personnages de la série. Pas de robe à froufrou, pas de gigantesques bijoux ; elle n'a gardé que le strict minimum. Un sous-vêtement et un cerceau, que l'on mettait habituellement sous les robes pour les modeler et leur donner du volume. Je ne suis vraiment pas à l'aise avec la nudité de mes modèles et avec la nudité tout court.  Je fais d'ailleurs partie de ceux qui pestent à longueur de journée contre les personnes qui font du nu pour faire du nu. Mais il faut dire qu'en ce moment j'ai pas mal d'idées de "modifications" corporelles qui induisent le besoin de voir un peu de corps, un peu de chair.

 

                                                                  Les chardons - marie 
 

J'apprécie beaucoup, ces derniers temps, travailler avec des vrais végétaux. Le bouquet qu'elle tient dans la main est un bouquet de Chardons - Marie, et je ne les ai pas choisisi juste parce qu'ils sont très mignons. Pour moi, le chardon - marie est une plante essentiellement féminine, et ce, depuis son appelation jusqu'aux propriétés qu'on lui accorde.
Le chardon - marie tire la seconde partie de son nom d'après la vierge marie qui, selon la légende aurait caché son nourisson dans un buisson de  chardons et sur lequel elle aurait laissé tomber, en lui donnant le sein, quelques gouttes de son lait. Beaucoup de légende et d'anciennes traditions ont depuis conféré au chardon - marie un pouvoir favorisant la lactation. De plus, dans l'antiquité et pendant le moyen - âge, les chardons - marie étaient considérés comment traitement face aux troubles hépatiques et utilisés pour combattre la mélancolie, ou la "bile noire" ; essentiellement diagnostiquée sur les femmes. Au 19è siècle, les propriétés des chardons - marie ont été utilisés pour traiter les varices (tiens, tiens !) et les troubles menstruels. De nos jours, il est surtout utilisé pour traiter les problèmes de foie.

 

Le bouquet chute vers le bas, certains des chardons - marie commencent à reposer  délicatement sur son jupon. Plus le temps passera, plus le bouquet paraitra lourd à la demoiselle Urticacée, plus son bras se mettra à trembler et chavirer vers le sol, et plus les chardons et leurs piques iront se reposer sur son fin jupon.

 

Pour fini, le backstage très réussi et plutôt rigolo de Morgan :

Photo ; maquillage ; stylisme : Anaïs Armelle Guiraud

Prothèses veines : Jeff Lubeigt
Lumière & backstage : Morgan Laverre

 

 

 

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