La chambre de Berthe (ou figure de l'Ophélie)

8 Apr 2015

" Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir. "

 

 

La fin de la résidence se rapproche petit à petit. La restitution de nos travaux se fera dans approximativement un mois. Pour être clémente avec moi - même , on va dire que je suis PRESQUE  dans les temps. La chambre de Berthe est mon avant-dernière photo. C'est une des images qui m'a demandé le plus de temps de préparation en amont.

 Deux grosses inspirations principales m'ont permis d'assouvir mes pulsions florales du moment : la figure de l'Ophélie et les décors de Peau d'Ane de J.Demy :

 

  •  .Je vous passe mes moult recherches sur ce sujet mais l'Ophélie et "les saules frissonnants qui pleurent sur son épaule" (oui, oui je connais plus que par coeur le poème de Rimbaud) est un des personnages les plus mélancoliques que je connaisse. Qui plus est, elle est intimement reliée aux végétaux et autres mignonneries florales. 
     

  •  Je suis re re re re re tombée amoureuse des décors fantastiques (entre autres) du château de Peau d'Âne et de son père, lors de mon énièrme visionnage de ce film aux couleurs et lumières si particulières.  Ce château avec des fleurs multicolores ; ce dessus de lit en gazon fleuri... Tout semble très bricolé et à la fois très sincère et naturel.
     

  • Lily, ma modèle pour cette image à tout d'une jeune fille que l'on pourrait trouver dans une peinture classique : une peau claire parsemée de tâches de rousseurs, des cheveux longs clairs et délicats. J'ai travaillé ses cheveux de manière à ce qu'ils aient un air très pictural, très pré-raphaelite. (Etonnament en faisant des recherches sur des probables futures coiffures, je suis tombée sur Lily Cole, une mannequin qui à beaucoup posé pour Tim Walker et à qui le monde entière rêve de créper les cheveux puisqu'elle se retrouve avec une tignasse rousse de l'enfer sur 90% de ses photos.)
     

  • Les chaussures & chaussettes, un petit clin d'oeil qui rapelle un peu le style teddy girl, des ados british des années 50/60. Pour décoincer l'ambiance nunuche/peinture et donner un peu de pep's avec un petit côté """punk""".

La chambre de Berthe, c'est cette pièce là.  Je ne l'ai pas choisie au hasard, ici le papier peint, forcément est... fleuri. Parce que fleurs + fleurs = FLEURS. Il y avait plusieurs lits. Des petits lits mignons en fer forgé dont un avec cet immonde matelas délavé dont je suis immédiatement tombée amoureuse.

En effet, puisque mon Ophélie n'est pas dans l'eau, elle sera sur un lit. Je dois avouer que j'ai eu de nombreux doutes avant la réalisation de ma photo : est ce que l'on pourrait reconnaitre une Ophélie sans son bassin d'eau ? Une Ophélie a 100% sèche.

 J'avais imaginée mon Ophélie, totalement allongée. Mais voilà, entre ce qu'il se passe dans ma tête, sur mes croquis et ce qu'il se passe dans mon appareil photo, il y a parfois des écarts. Je construis mes photos sur le terrain, petit à petit. Aussi, je n'ai pas hésité à aller chercher des coussins bariolés dans les autres pièces du château, histoire de fabriquer un appui esthétique pour surélever le haut du corps de Lily. La princesse au petit pois, n'est pas si loin et j'aime bien le fait que cela puisse y faire penser.

Aussi, peu de temps après, ressentant le besoin de rajouter une touche blanche qui pourraint contre balancer celle des chaussettes, j'ai rajouté à Lily un jabot à dentelles. Il à un petit côté "bavoir"  qui infantilise son personnage et qui nous rapelle qu'au fond Berthe n'est qu'une enfant, même si elle à grandi bien trop vite et que ses pieds dépassent nonchalemennt du lit.

 

  • Une citation de Jacques Demy à propos du film de Peau d'Ane, qui pourrait s'appliquer à ma série des Confineries : " C'est un conte de fée réaliste car je l'ai pris  sur un pied réaliste. Simplement parce que pour que vous croyiez à une prince charmant, à une pricesse, a une fée, à un roi, et a une reine il faut que ce soient des gens comme vous et moi. C'est a dire qui ont des réactions humaines, qui soient des gens qui réagissent dans le quotidien comme nous réagissons. Si ce sont des personnages abstraits vous n'y croyez pas, ça ne vous intéresse pas. Et plus ils seront quotidiens, plus ils seront vrais, plus le merveilleux intervenant au milieu du réalisme sera étonnant. Et je pense que c'était la seule façon de raconter un conte de fée. "

Je voulais laisse avec le backstage de Morgan, mon assistant lumière qui prends ses aises et parle à ma place quand j'ai mal à la george. C'est bien mieux qu'un cachet aux huiles essentielles.

Des conditions de shooting extrémement acrobatiques pour moi et mon corps tellement maladroit.


Photographie // coiffure-maquillage-stylisme  : Anaïs Armelle Guiraud

Lumière // Backstage : Morgan Laverre

 

 


 

 

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