LES CONFINERIES  2014 - 2015

Les Confineries est un projet photographique réalisé grâce au soutien du château Sabatier d'Espeyran, du Centre National du Microfilm ainsi que de la DRAC LR.

LES CONFINERIES

" Il y avait un jour, à l'orée des rizières de la petite

Camargue, un château. C'était un château

comme les autres, avec ceci de particulier :

quiconque y logeait plus de trois jours et

trois nuits se retrouvait transformé irrémédiablement

en personnage et ne pouvait jamais s'échapper dudit château."

 

Les portes du château Sabatier d’Espeyran sont rarement ouvertes. Lorsqu’à l’occasion de ma résidence elles se sont ouvertes devant moi, ce ne sont pas les dorures du château, ni ses tapisseries brodées à la main ou sa collection d’oiseaux empaillés qui m’ont séduite, mais plutôt ses timides secrets.


Le personnel du château Sabatier d’Espeyran travaille et habite dans l’enceinte même du château, à l’endroit même logeaient les domestiques autrefois. Presque toujours d’astreinte, leurs sorties se font plus que rare. Ils offrent un côté très romanesque à toute personne venue de l’extérieur : l’historien et ses petites moustaches recourbées ; l’archiviste et sa respiration mal à l’aise et saccadée dès lors qu’il rencontre une personne faite de chair et d’os ; la concierge, ses épaules tombantes et ses pieds traînants…
Tout est comme s’ils avaient passé bien trop de temps à proximité du château, gardé ses secrets trop longtemps avec eux ; comme s’ils étaient prisonniers de cette espèce d’aura historique que dispense le lieu. Il m’aura fallu du temps pour gagner la confiance de ces semi-personnages historiques afin qu’ils partagent avec moi les secrets du château et de la famille Sabatier d’Espeyran.. Des sujets lourds, tels que les décès, les adultères et les chagrins aux plus légers tels que la surpopulation de mouches ou les petites manies et superstitions des habitants.

J’ai créé et mis en scène des personnages dans les salles du château Sabatier d’Espeyran en fonction des secrets qui m’ont été confiés.

Chaque personnage a été pensé et réalisé pour une pièce en particulier, de cette manière ils sont encore plus ancrés dans cette prison chatoyante. Travail pictural, symbolique et métaphores sont présents. Mi – réels mi- imaginaires, les secrets ont pris vie à travers le prisme de mon appareil photo. On navigue d’une image à l’autre, se plongeant tantôt dans les chagrins d’une maîtresse, dans les colères d’une enfant qui à grandi trop vite à la recherche des stigmates du temps qui passe.